El fataoui Aya : Le patrimoine culturel immatériel de l’humanité Gnaoua, musique et rituels

4 فبراير 2022 - 12:45 م

L’art Gnaoui, Gnaoua, rituels Gnaouis… ces appellations regroupées couramment en une seule «Le Gnaoua», désignent à la fois : – un style musical très répandu et très en vogue au Maroc, – ses membres dont les pionniers sont d’origine d’Afrique subsaharienne et, – un culte mystique transmis par des générations de subsahariens musulmans installés en particulier au Maroc.
Le Gnaoua, activité propre à des confréries musulmanes mystiques dans lesquelles la transe joue un rôle très important, est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis décembre 2019.

Les rituels gnaouis du Maroc qui enregistre la plus grande et la plus importante concentration de Gnaoua, existent aussi en Tunisie et dans l’est de l’Algérie (appelés Stambali et Benga). Ils se ressemblent sur certains points et divergent sur d’autres du fait des parcours spécifiques que ces groupes ont rencontré dans les sociétés d’accueil au fil du temps.
La recherche étymologique du nom Gnaoua renvoie principalement à l’explication fournie par Maurice Delafosse en 1924 pour qui l’expression berbère akal-n-iguinaouen qui signifie «pays des Noirs», aurait donné naissance aux mots Guinée et Ghana et par la suite au mot gnaoua par ressemblance phonétique. Gnaoua, signifierait donc, par extension, «homme noir» ou «venant du pays des hommes noirs», c’est-à-dire l’Afrique subsaharienne.

Au Maroc, on parle de musique «gnaoua» ou de musique « tagnaouite » (appellation berbère). Pendant la «lila » (soirée de rite mystique), les gnaoua pratiquent autour de maîtres musiciens, d’instrumentalistes (qraqeb), de femmes thérapeutes (arifa), de mediums et d’adeptes. Leur instrument principal est un luth-tambour à 3 cordes : le guembri (ou hajhouj). Sur des rythmes et sonorités entêtantes, des transes ont lieu pendant des heures. Les femmes exécutent leur danse (guedra le plus souvent) de manière convulsive entrant en transe avant de s’écrouler sur le dernier battement de musique, le corps secoué de spasmes. Elles arborent des tenues multicolores pour les danses, en vert, noir, rouge, blanc, bleu, jaune, chaque couleur est dédiée à un «melouk» (esprit). Pendant la danse, les hommes sautent très haut et semblent marcher sur des braises lorsqu’ils sont sur le sol.
Les gnaoua ont ainsi créé un genre musical mystico-religieux original, en répétant en litanie des invocations diverses et leur musique a enrichi les autres styles de musiques au Maroc et dans le monde (fusion Jazz-gnawa, blues-gnawa, reggae-gnawa, etc) et s’est ainsi internationalisée grâce à des influences extérieures tels que Jimmy Page et Robert Plant (du groupe Led Zeppelin), Bill Laswell, Adam Rudolph, et Randy Weston, qui faisaient souvent appel à des musiciens gnaouas dans leurs compositions.
Mais c’est grâce en particulier au Festival de Musique Gnaoua d’Essaouira qui se tient tous les mois de juin, que la notoriété musicale de la musique gnaoua s’est popularisée aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Maroc, bien qu’elle ait toujours été présente un peu partout, à Khamlia dans le Tafilalet où l’on pratique le Gnaoua pur jus, sur la place Jemaa el Fna à Marrakech et dans les médinas d’autres villes du pays.
El fataoui Aya

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